Affaire Bayou : le courage politique n’était pas au siège
Deux fois en une semaine.
Deux fois que je me retrouve contraint de me désolidariser de ‘mon’ parti.
Cela commence à faire beaucoup pour une formation qui se prétend écologiste, de gauche et féministe.
Lorsque la protection de l’institution prime sur celle des femmes, il ne s’agit plus d’un accident, mais d’un choix politique.
J’attends désormais de Marine Tondelier des excuses publiques, claires et sans détour, adressées aux victimes.
Pas une formule diluée dans un communiqué.
Des excuses. Nominales, assumées, à la hauteur des faits.

Transcription intégrale du communiqué du collectif Radicalement Vôtre :
« L’expression publique du mouvement, affirmant qu’aucun fait contraire à nos textes internes ou au droit n’aurait pu être déterminé, constitue donc un déni de la parole des femmes et un signal politique désastreux de non respect des valeurs que nous affichons. D’autant plus que la direction du parti connaissait par ailleurs les comportements répétés de Julien Bayou contraires à nos valeurs.
Les choix de la direction nationale des Écologistes, selon les faits relatés par l’article du Monde, ont davantage été guidés par la préservation d’équilibres internes plutôt que par la prise en compte de la parole des femmes. Ces actes politiques nourrissent la défiance et découragent celles et ceux qui envisagent de parler pour dénoncer le harcèlement, les violences et les discriminations.
L’article publié samedi 14 février 2026 par Le Monde sur l’affaire concernant Julien Bayou met en lumière des faits d’une grande gravité et confirme les alertes portées depuis des années par de nombreux·euses militant·es. Il révèle une gestion politique de cette affaire qui a fait primer la protection de l’institution sur l’écoute, le respect et la prise en compte de la parole des femmes. Le collectif Radicalement Vôtre réaffirme une position claire et féministe. Il est essentiel en tant que parti politique de respecter la parole des femmes et de créer les conditions politiques pour qu’elle soit entendue sans être minimisée ou relativisée. Un parti qui se revendique féministe ne peut transiger sur ce principe.
Les révélations du Monde montrent que l’enquête externalisée d’avocats, dont la prestation a été commandée par le parti, a premièrement servi à la préservation des intérêts du mouvement. Les femmes qui ont témoigné en confiance et avec courage ont donc été trompées.
Le même article fait état du témoignage d’Estelle concernant un viol conjugal, un crime relevant de la Cour d’assises, puni de 15 ans de prison, qui n’a jamais été évoqué par la direction du mouvement alors qu’elle disposait de ces informations, également diffusées par voie de presse en 12 novembre 2024.
Un parti politique écologiste et féministe doit faire primer la protection des femmes sur la protection du parti. Depuis des mois, notre mouvement ressort affaibli et discrédité. Nous ne pouvons aujourd’hui ignorer les répercussions de cette gestion de l’affaire Bayou pour nos combats féministes. La confusion créée par des communiqués de presse a permis de dénoncer des dérives fantasmées de #MeToo par ceux qui veulent pointer du doigt et silencer les victimes, les mouvements féministes et les personnes ayant pris la parole au sein des Écologistes. La gestion de cette affaire a donc joué un rôle dans le backlash féministe, ce qui constitue une faute politique lourde.
Nous appelons à une communication publique des Écologistes afin de présenter des excuses publiques, pour les violences subies et pour la manière dont la parole des victimes a été traitée, de reconnaître les manquements passés et de s’engager à l’amélioration de nos pratiques. Nous demandons également l’ouverture d’une enquête interne afin d’établir les responsabilités dans la gestion de cette affaire et, symboliquement, le retrait des communiqués de presse de clôture de l’enquête sur Julien Bayou.
Radicalement Vôtre ! »
Le courage politique n’était pas au siège. Il était chez ‘Radicalement Vôtre’ et chez les ‘Jeunes Écologistes’
Parce que ce communiqué fait, en quelques pages, ce que la direction du parti n’a pas su, ou pas voulu, faire depuis des mois.
Il nomme les choses.
Il reconnaît que la communication officielle a constitué un déni de la parole des femmes.
Il admet que la protection de l’institution a primé sur celle des victimes.
Il pointe la responsabilité politique de choix internes.
Il assume le lien entre cette gestion et le backlash antiféministe.
Bref, il relie les faits à leurs conséquences.
Le parti, lui, s’est réfugié derrière la procédure, la conformité aux textes, l’absence d’infraction caractérisée. Une logique défensive. Juridique. Institutionnelle. Comme si la question était seulement celle du droit, et non celle de l’éthique, de la cohérence et du respect.
Le collectif et les Jeunes Écologistes font autre chose.
Ils rappellent qu’un parti qui se dit féministe ne peut pas s’abriter derrière le minimum légal.
Ils exigent des excuses publiques.
Ils demandent une enquête interne.
Ils proposent des actes concrets, y compris symboliques, comme le retrait des communiqués de clôture.
Ils ne protègent pas une structure. Ils protègent un principe.
Et ce principe n’est pas accessoire.
Il relève du Devoir élémentaire d’un parti qui se revendique féministe : protéger les victimes avant de protéger l’institution.
C’est en cela que ‘Radicalement Vôtre’ et les ‘Jeunes Écologistes’ ont fait mille fois plus que le parti.
Ils assument que la crédibilité politique ne se décrète pas. Elle se gagne, et elle peut se perdre.
Et pour l’instant, elle se perd.
Si vous n’avez pas peur d’être écœuré·e par ce que révèle cette gestion, l’article est accessible ici : Le Monde
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Léon Chelli arpente les mondes de l’automobile et des énergies renouvelables à l’épreuve de la transition écologique.
Il y déchiffre mutations industrielles et stratégies de marché avec la lucidité un peu sauvage d’un promeneur qui choisit ses propres sentiers.
Il explore les transitions avec une vision systémique, entre ironie assumée et clarté analytique.
